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26 janvier 2005
Il y a des jours de dos au miroir
Où l'on baisse la tête passant dans le couloir
Des jours de pâle mépris bercés de larme à l'oeil
De boule dans la gorge, d'oppressions et de deuil
Des jours où le soleil ne s'est pas levé
Où la lune lâcheuse reste dans la nuée
Des jours où on voudrait ne pas y voir
Dormir jusqu'à plus soif jusqu'à plus rien
Jeter dans les abysses ce corps en désespoir
Quitter le sol des noirs matins
Il y a des jours où on est loin de soi
Il y a des jours où on ne s'aime pas
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Phasme
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25 janvier 2005
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On y entre à reculons
A petits pas à tâtons
"Je ne dérang'pas, j'espère,
J'avais vu de la lumière"
On y entre sans un bruit
En douce en catimini
On prend soin pour être sûr
De bien ôter ses chaussures
On y entre à pas de loup
Tête basse et regard flou
Tout y est fragile et sauvage
Pourvu qu'il n'y ait pas d'orage
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On tâche de ne rien toucher
Tant l'instant semble éphémère
On se fait doux et léger
Plume d'oie grain de poussière
Si le temps est à la pluie
Surtout se faire tout petit
Car quand revient l'éclaircie
Un simple sourire suffit.
Pour y entrer quel qu'il soit
Ne jamais forcer la porte
Cela le tuerait je crois
Luciole que le vent emporte
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Aza |
24 janvier 2005
Lourds les yeux
Lourd le coeur
Lourds en creux
Lourd en heures
Comme le lourd bagage
Que l'on hisse lourdement
De voyage en paysage
Lourd et long est le temps
Une nuit sans sommeil
A compter les secondes
Lourd le jour sans réveil
Aux paupières qui se plombent.
Lourd le pas sur la dalle
Lourd le bras sur la porte
Lourd départ qui emporte
Lourds de leurs ombres pâles...
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19 janvier 2005
 "Foetale" Bernard Kapfer
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Il a commencé par se taire
Il a fini par se terrer
Enfermé dans sa petite aire
De triste amer ou à pleurer
Des mots des doigts comme des crochets
Des maux de soie à déchirer
Petite bulle d'atmosphère
Où l'on a peine à respirer
Il a plongé dans les enfers
Les âpres gouffres du laisser
Il a commencé par se taire
Mais ses non-dits ont tant crié
Que place vint à manquer dans l'aire
Et de trop haut il est tombé
Aza
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Colibri |
07 janvier 2005
Camille Claudel |
Au-delà de moi
J'y suis je n'y suis pas
De là aussi de ci de là
dans les "aussi" de mes "ne pas"
Au-delà de nous
Sans queue ni tête ni haut ni bas
Quand le jamais n'en finit pas
De commencer dessus dessous
Au-delà de tout
Quand les toujours nous sont tabou
Un rien de rien qui suit partout
Les inombrables "bout-à-bout"
Aza
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